V comme blogue

Ma vie trépidante de traductrice

Aveu terrible 134

Bonjour!

Ah, dites-moi que je m’inquiète pour rien. Que vous m’accepterez telle que je suis, malgré ce 134e aveu terrible (il y en a quelques-uns que je garde pour moi. Je me garde une petite gêne).

Alors voici : le y et le i, ils me posent problème. Ils vont où? Je dois m’y prendre plus d’une fois pour écrire comme il faut physique, trycicle, non tricycle, bicycle…

D’abord, je ne veux pas faire de discrimination, mais il fait quoi dans la vie ce y? En a-t-on vraiment besoin? Après tout, pas besoin du y pour voir un lléti près de la rivière Llamaska and criant de surprise et de joie « Llé! » (parce que ce n’est pas tous les jours qu’on voit un lléti près d’une rivière, quand même).

Bon, je retire ces propos discriminatoires à l’égard du y. Ça doit être la colère de mon pas capable d’écrire correctement des mots du premier coup.

Ce n’est pas lui, c’est moi.

Je nous laisse lui et moi un moment pour respirer et nous donner le goût de nous retrouver, les bras grands ouverts, en courant au ralenti au son de la petite musique romantico-dramatique qui fait pleurer, parce que c’est si touchant.

Oui, au cours des prochaines semaines, je ferai du sport (et non de l’activité ph…), du vélo ou du vélo à trois roues, et je me tiendrai loin des rivières.

V.

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Jalousie

Bonjour!

Au risque de vous sembler désagréable (je vous jure, je suis quand même relativement plaisante si on me donne des biscuits), je vous annonce que parfois, je suis jalouse.

Je suis jalouse de la langue anglaise. Pas toujours, non, mais parfois, ma langue française ne me procure pas la même satisfaction.

Je reste un peu sur ma faim devant une tournure si simple, si directe comme : Véronique is a far-too-chatty individual (who, me?) ou My always-annoying-but-sometimes-cute client was bugging me again (who, me??).

Bien sûr, on peut trouver une traduction idiomatique, mais la solution n’apparaît pas toujours aussi facilement qu’en anglais.

Avouez que ce serait si simple :  mon chien trop-mignon-c’est-presque-illégal-oh-le chichi-à-sa-maman-à-rendre-jaloux-le-voisin-qui-me-juge-car-je-me-roule-par-terre-coudon-je-n’ai-pas-honte a fait pipi sur le tapis. Non?

Mais mon français, je l’aime pareil. Il n’y a pas d’autres langues qui lui arrivent à la cheville.

Comme quelqu’un d’amoureux dirait : ma personne préférée au monde, ce serait bien si elle cuisinait comme un chef et mettait ses bas sales dans le panier à lessive (c’est vraiment si difficile? Il est juste là le panier, juste là!), mais elle me fait rire et me fait rêver comme personne.

Voilà. Je suis un peu jalouse, car j’aimerais parfois que mon français me donne certaines libertés qu’offre l’anglais. Mais il me donne bien d’autres choses.

Et c’est bien connu, l’anglais ne ramasse pas toujours ses bas sales.

V.

Aveu terrible IV

Bonjour!

Ça fait un petit bout que j’ai écrit, mais c’est surtout la faute à l’hiver.

Hier, comme il faisait beau, je me suis dit qu’il était temps que je me confesse. Vous me comprendrez et me pardonnerez sûrement. Sinon, je ferai semblant dans ma tête et je serai toute soulagée (un peu comme dans un vrai confessionnal non?).

Alors voici. Si j’écris à la main, le mot avril m’échappe complètement. Je l’écris comme suit : arril. Mon v et mon r manuscrits sont similaires et une fois que la pointe du stylo a pris son erre d’aller, la voilà qui me fait un r au lieu du v.

C’est une bonne chance que je n’écris pas avril au stylo n’importe où en public! Vous imaginez la honte? La foule me crierait des bêtises et me jetterait des cacahuètes que j’essaierais en vain de pogner avec ma bouche comme dans les films! Et la police qui tenterait de calmer le chaos, mais serait bien obligée de se rendre à l’évidence : il serait plus simple pour rétablir l’ordre de m’enfermer, moi et mon stylo hérétique. Idéalement avec un petit sac de cacahuètes, j’ai comme un goût tout d’un coup.

Je ne sais pas ce qui cause ça, de confondre le r et le v. Arvril ne te découvre pas d’un fil? Ben, faut croire que j’ai tiré sur tout le foutu rouleau de fil et que, tout nu à -10 degrés, mon cerveau a attrapé froid.

Je vais me remettre de cet obstacle terrible; je vous remercie de me lire et de me juger à distance, dans le confort de votre foyer.

J’ai tout de même hâte au mois de mai… rien à confondre là, j’espère.

V. (et non r)

Récapitulatif de 2014 ou Superstars et sauts périlleux

Bonjour chers lecteurs,

Je vous souhaite un peu en retard une belle année 2015. Je dois admettre que je n’ai pas été assidue depuis l’automne. Vous m’en voulez?

Je ne doute pas que vous avez vécu mon absence en passant par les 5 étapes du deuil : l’incompréhension, la colère, l’excès de vitesse, le chagrin inconsolable et le gâteau.

Comme je m’y connais très bien en psychologie, je sais faire face à toutes vos émotions et vous remettre sur la bonne voie : shhhh, shhhh, ben non, ça va aller, tenez, du bon gâteau.

Je sens qu’on s’est réconciliés, pas vous?

Alors, voici, ce billet est un petit récapitulatif de mon année 2014.

Si je pouvais la décrire en quelques mots, j’irais comme suit : Isssshhh, wow, attention! hahahahah! oups, rewow, wouhou!

Cette année, j’ai eu le privilège de passer du temps précieux avec des superstars. Des gens passionnés qui ont partagé avec moi leurs convictions, sans jamais me les imposer (merci Élise), qui m’ont ouvert les yeux, qui ont généré des discussions révélatrices.

Des bénévoles qui ont le cœur sur la main et qui, grâce à leur compassion et leur action, me rassurent dans un monde où l’humain est souvent dur et cruel.

Des amis qui m’appuient, croient en moi et me font rire.

Un homme de ma vie qui m’a montré à mieux profiter de la vie en étant vulnérable et en laissant mon égo au frigo (ouhla, petite rime spontanée ici). Faut d’ailleurs pas s’étonner qu’émanent parfois de moi des odeurs d’égo aux oignons verts ou aux pommes.

Mais ce n’est pas tout ce que j’ai fait en 2014.

J’ai fait aussi quelques sauts périlleux (ils le sont pour moi; n’oubliez pas que je manifeste dans mon salon en buvant de la tisane…baby steps comme on dit).

Je me suis lancée en affaires (www.vling.ca) en acceptant la tête haute (avec mes 5 pi 4 po, je fais ce que je peux) tous les risques et les responsabilités. Bravo à ceux qui le font!

J’ai fait valoir auprès de la SPCA divers idées et projets pour nos chichis, en prenant conscience en toute humilité que seule, je n’y serais probablement pas arrivée aussi bien, que l’appui d’amis et de collègues est crucial.

J’ai adopté, naturellement et progressivement, une alimentation végétarienne, et depuis peu végane, après avoir été confrontée (même si je le savais, au fond) à des réalités qui ne s’alignent pas sur mes valeurs et me brisent le cœur. Vous l’aurez deviné, je l’ai fait pour des raisons d’éthique animale, car la vache, je ne veux plus la manger, non, je veux plutôt lui faire des bisous et guili-guilis, comme elle le mérite. Comme dit la chanson : « What the world needs now, is guili-guilis, sweet guili-guilis ».

Et j’ai appris concrètement en 2014 que si on veut accomplir de belles choses, faire changer une situation ou avancer une cause, faire du bien autour de nous, vivre des moments exceptionnels, il faut agir, faire le saut, prendre des risques, essayer.

Bref, j’ai passé une superbe année 2014, et 2015 s’annonce excellente.

Et vous?

V.

Il y a des jours comme ça

Il y a de ces jours où je me lève comme si de rien n’était, pourtant, mon cerveau a perdu toute capacité de traduire.

C’est comme si mes connaissances (les huit) étaient sorties faire la fête pendant mon sommeil, et qu’elles avaient trop bu et s’étaient endormies pour la plupart sur un banc de parc, sauf une ou deux qui étaient rentrées encore saoules.

Devant mon texte anglais, je lis, perplexe. Comment traduire : « This man was an inspirational teacher »? Je sais, me fait croire mon cerveau en grand manque de ressources. « Le monsieur professeur est bon, tellement que le monde y dit wow. »

Hum, pas sûre. Hahaha pffaaa graasheee, disent mes connaissances encore en état d’ébriété.

Que faire?

J’ai déjà essayé de prendre un ou quatre coquetels, euh cocktails, pour rééquilibrer le tout. Il s’est avéré que mes connaissances, mon cerveau et moi, on s’est tous retrouvés du côté des étateux d’ébriété. Pas une bonne idée.

Alors je prends un peu de recul en faisant une petite promenade, en préparant une collation ou en faisant un salut au soleil (vous pensez yoga, je pense aux tatas faits en direction du soleil depuis ma fenêtre).

Et vous, que faites-vous quand vous manquez d’inspiration?

V.

Cocktail et manifestation en vue

Depuis hier matin, je manifeste pour bannir le mot « coquetel »* du vocabulaire français au Québec.

Je me rends compte avec grande surprise que si je manifeste dans mon salon, les deux mains sur ma tasse de tisane, je n’ai pas beaucoup d’impact sur l’avancement de ma cause.

Alors je me tourne vers vous. Si nous sommes 3 millions de personnes à manifester dans notre salon avec de la tisane, peut-être ferons-nous avancer les choses ou du moins augmenter le chiffre d’affaires des compagnies de tisanes (on achète local gang!).

Revenons à la cause de mon indignation. Hier, je suis tombée (en bas de ma chaise et) sur le mot « coquetel » dans le Grand dictionnaire terminologique. On y écrit que l’orthographe francisée de cocktail a réussi à s’implanter au Québec. Whaaaaaaa? (ou si on veut franciser : quouuuuuâââ?)

Je dis : non. Je ne suis pas d’accord. Déjà parce que ça fait un bout déjà qu’on connaît le cocktail. On s’est attaché depuis le temps! Surtout le jeudi et le vendredi. Et parfois le samedi. Hic.

Et puis, ça porte à confusion. « Coquetel », ça me fait penser à un oiseau exotique. Vous aussi, avouez-le!

Braves amis, manifestons depuis notre salon et tisane à la main (pas de café hein, sinon ça risque de dégénérer) et bannissons le mot « coquetel » de nos traductions!

Et après, célébrons notre pertinence en buvant quelques cocktails. Des vrais, pas ceux avec des plumes, ça pogne dans les dents.

J’accepte presque sans jugement et tels qu’ils sont ceux qui aiment et utilisent ce mot (à lire avec le nez retroussé en signe de léger dégoût). Mais sachez que vous n’aurez pas droit à ma meilleure tisane. Pas touche à la tisane aux pêches.

V.

 

*Les guillemets sont un signe de protestation. Voyez comme ça brasse quand je m’indigne.

Sceau, glace, cause, brrrrrr

HA! Je vous ai bien eus, vous voilà tout contents de connaître ma perspective sur le défi « Gorroche un sceau d’eau glacée sur ton ami pour appuyer une bonne cause » (traduction officielle).

Hé bien non! Comme j’aime faire les choses différemment (la preuve, ce matin j’ai déjeuné un peu plus tard que d’habitude oh oui! ça me fait pas peur le changement, non monsieur), je vais vous parler d’une autre cause qui me tient à cœur.

Le bien-être animal. Plusieurs d’entre vous le savent déjà, j’ai un faible pour les petites (et grosses) bêtes et j’ai du mal à digérer ce que certains humains leur font subir.

Je suis bénévole à la SPCA de Montréal où je promène les chiens (je vais être honnête, certains costauds me promènent moi).

J’adore les voir s’épanouir un moment en courant avec moi au parc ou en recevant des câlins ou des friandises. Puis mon cœur se brise quand je les remets dans leur cage.

Pourquoi abandonne-t-on autant nos animaux domestiques au Québec? Notre attitude à cet égard est loin d’être enviable comparativement aux autres provinces. Et notre loi considère les animaux comme un bien meuble. On a du chemin à faire, croyez-moi, mais on va y arriver.

En effet, je côtoie des gens exceptionnels qui rédigent des manifestes pour faire changer la loi, qui font des campagnes de sensibilisation à la cause animale, qui organisent des cliniques d’adoption pour nos chats et chiens, qui tentent de sauver un animal de l’euthanasie quand il y a un espoir (parce qu’il y a toujours de l’espoir), etc.

Je me suis dit, quel changement pourrais-je apporter concrètement à ma cause? Mon tendre colocataire de ma vie m’a aidé à organiser le tirage d’un vélo pour amasser des sous. Voici un petit site pour en savoir plus http://bit.ly/veloanimaux.

Si tout va bien, j’aimerais utiliser ces fonds pour réaménager la cour arrière de la SPCA et améliorer notre capacité à faire des groupes de jeux pour les chiens. Ils peuvent ainsi socialiser, s’amuser, dépenser leur énergie et montrer leur vraie personnalité. Tout cela favorise leur adoption! C’est un bon début.

Par ailleurs, mon partenaire de garde-robe et de routine matinale (il est partout lui coudonc) et moi avons pris en foyer d’accueil la belle Stella, une chienne de la SPCA dont le stress commençait à faire ses ravages et les chances d’un avenir heureux diminuaient de jour en jour.

Nous lui offrons un environnement calme, de l’exercice, du jeu avec des amis canins, des bisous, des gâteries et tout ce dont un chichi mérite, en attendant de lui trouver une famille pour la vie. Elle est adorable et je lui découvre une si belle personnalité. Elle semble heureuse, et là est ma plus grande récompense.

Voilà ce que je fais. Est-ce suffisant? Sûrement pas. Mais tous les petits changements nous font avancer, non?

Dites-moi, quelle cause vous tient à cœur?

V.

P.-S. Je n’ai pas parlé de traduction dans ce billet, alors voici : dog = chien.

Un peu d’aide par ici

Que fait un traducteur pigiste quand il est tout seul à la maison et qu’il se heurte à une phrase ambiguë et pas belle?

Il donne un coup de pied à la poubelle (après quoi il ramasse les dégâts parce que franchement, c’est dégueu), se roule par terre et regarde au plafond en planifiant ses prochaines vacances?

HAHAHA! VOYONS MOI JE FERAIS JAMAIS ÇA! (zut, je crois que ces majuscules vont me trahir)

L’autre option envisageable est de demander de l’aide à un autre pigiste, qui a sûrement déjà vécu l’épisode de la poubelle (HAHAHA! SAUF MOI JAMAIS PFFF VOYONS! argh, foutues majuscules), et qui, par solidarité, acceptera.

Il n’y a que des avantages à aider un collègue ou un ami : se sentir utile auprès de lui, l’accompagner dans les moments difficiles*, créer une relation professionnelle fructueuse, apprendre des discussions avec lui, créer un groupe de soutien pour les gens qui ont le coup de pied aux poubelles facile, etc.

Alors je vous dis à vous qui travaillez de la maison, comme je viens de commencer à faire, vous n’êtes pas seuls!

C’est vrai quoi, rhabillez-vous, la caméra cachée dans la lampe du salon enregistre tout. Et arrêtez d’entretenir vos chats de longs monologues sur tout l’amour que vous leur portez À CES MIMIS D’AMOUR OOOOH QU’ILS SONT BEAUX LES CHICHIS DE MON CŒUR À SA MAMAN (en minuscule).

Malgré la distance entre nous les travailleurs à domicile et le malaise causé par l’enregistrement vidéo de mardi dernier, on peut tous s’aider, moi je dis.

V.

*Veuillez noter que tout est relatif : faire face à une phrase douteuse, c’est pas si pire dans la vie en générale. Faire couper sa frange croche et trop courte et ressembler à Dumb and Dumber, ça oui, c’est très grave. Oui, j’ai un très fort sens des priorités.

If he says jump!, I say…no.

Some time ago, a friend of mine had an awful client.

He was never satisfied, I mean NEVER.

He did not want to pay her rate, and was always trying to lower the rate by discrediting her work. He did not have the tenth of her competence, and yet was still second guessing tiny details in her translation. She had to explain everything and was losing precious time. He was often asking for impossible deadlines, was always late to make his payments, and never said thank you.

He was awful. I bet he smelled bad too.

Is the customer always right? Nope. I said to her: fire him.

There is no way she could have ever pleased him and he would have never been grateful for her great work. She was losing time and money and, worst of all, she was not having any fun doing what she loved.

I think we should give all we’ve got for a grateful and nice client. The awful one does not deserve our time or work. If he is always being unreasonable and asks you to jump!, just say no.

A respectful and nice client would never ask this of you.

What do you think?

V.

Aveu terrible III

Je suis paresseuse. Oui, je l’avoue.

Si la traduction ou l’écriture d’un terme me donne du fil à retordre, je coupe le fil. Je peux bien tordre le fil, mais le retordre, wo.

Je préfère contourner le problème plutôt que de me casser la tête. Déjà qu’elle est dure celle-là, vous imaginez tous les efforts que je dois déployer pour la casser?

Amis traducteurs, vous connaissez bien ces tournures où l’anglais joue avec les prépositions : « Robert is flying to and from London »?

Étonnamment (not), le français ne nous permet pas de jongler comme ça impunément (pfff, il ne nous laisse jamais rien faire celui-là).

Alors, moi, dans toute ma générosité, j’accorde à Robert un aller simple pour Londres : « Robert prend un vol vers Londres ». Ah! Problème réglé. Next!

Si je dois écrire un terme qui m’oblige à faire trop d’efforts (souvenez-vous, ma tête est dure de l’extérieur, mais son contenu est mou), je trouve une autre solution.

Par exemple, au lieu de monter dans l’acenseurs, non, l’ascenseur, je prends l’escalier. Et au lieu de réserver à mes invités un acceuil, pardon, un accueil chaleureux lors d’un souper chez moi, je les salue à peine et on mange en silence.

Et le jour où j’ai voulu annoncer à mes amis que j’avais vu un ornitorinque, euh un ornithorynque lors d’une balade (où était-ce après un 5 à 7 bien arrosé), je leur ai plutôt écrit que j’avais vu une licorne. Licorne. Ahhh, voyez comme c’est simple.

Voilà. Maintenant vous le savez, je suis paresseuse. Et légèrement menteuse on dirait.

Et vous, comment contournez-vous les problèmes de traduction ou autres? Et n’essayez pas de contourner cette question, parce que je sais que ça vous arrive 😉

V.

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